Un petit bout d’Auvergne

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Un petit bout d’Auvergne

Un beau matin au lever du soleil, je redécouvre la neige après 20 ans d’absence hivernale.

Je suis en Auvergne, région de mes ancêtres depuis fort longtemps !
Je fais glisser mes rideaux, me penchant un peu plus, j’ai devant moi un paysage habillé d’un grand manteau blanc.
Très vite, je me retrouve à l’extérieur, subjuguée par tant de beauté après ce qui me semble des siècles passés dans les îles.

Le silence est là comme imposé par cette immensité immaculée. Figée, immobile, la Nature glacée a l’air d’accepter son sort.

La charge neigeuse au bout des branches ne tarde pas à glisser et chuter, laissant au sol un amas cotonneux. Tout commence par un bruissement puis fini par un son plus dense, qui m’aura fait sursauter plus d’une fois.

Les cristaux ont métamorphosé tout ce que l’Homme a placé ici et là. Poteaux, barrières, mangeoires sont à peine reconnaissables, imbriqués aux choses de la nature.

Les prairies, les champs s’entremêlent. La lumière vacille entre bleu et blanc.
Les monts du Cantal ne sont pas si loin, ils nous invitent à les rejoindre.
Je me coule dans ce paysage me sentant comme apprivoisée par cette campagne.

Je passe quelques barrières pour me retrouver dans un site protégé.

Je rejoins ces géants, qui, tête aux vents, continuent de tourner, presque insolents et imperturbables. Eux, ont suivi la scène dès le début du spectacle.

Sur la route, j’éclate de rire à la vue des balles de foin noires, encore recouvertes d’un fin tapis blanc. Cela me ramène à la Plaine des Cafres sur l’île de la Réunion, au pied du piton des neiges. Là-bas, elles se languissent entre pluie et soleil.

Ces insolites du territoire ont été pour moi une obsession photographique.
Pendant des années, je les ai scrutés sous tous les angles. Comme si j’avais voulu les sortir de leur contexte et qu’ils suivent la voie vers une autre esthétique. Cette obsession a donné vie à une série.

Plus tard, je découvre les reines de la région les Salers. Bovins réputés, nullement gênés par cette métamorphose du territoire, ils en ont vu d’autres.

Le temps passe et selon les versants, la neige n’est présente qu’en certains recoins ombragés. Des vallées au loin, plus encaissées, restent coincées sous une chape nuageuse.

Le crissement sous mes pas me ravit, j’en abuse. Le soleil embellit le tableau. Je me presse d’en profiter avant qu’il ne décide de tout effacer !

Je savoure ces moments où j’ai la sensation d’être au bout du monde. L’aventure c’est aussi ces états dans lesquels la contemplation vous embarque.
Cet euphorie est telle que j’en oublie mes doigts gelés !